Il y a des semaines où l’on ferait mieux de rester couché. Eteindre téléphone, ordinateur télévision et consorts. Peut être est ce cette pensée qui traverse l’esprit de notre ministre de la culture, Fréderic Mitterrand.
Petit bilan des faits : le 27 septembre, le cinéaste Roman Polanski est arrêté en Suisse. A notre ministre de la culture, de faire son premier faux-pas politique, prenant
ouvertement la défense du cinéaste au nom de la culture, alors que ce dernier est accusé de viol, où pour être plus exacte de relation sexuelle avec une mineure dans les années 70 aux
Etats-Unis.
Ainsi donc commence l’affaire Mitterrand /Polanski. Et alors même qu’elle aurait pu s’arrêter là ; sur
des excuses de Fréderic Mitterrand, le front national ne sachant plus que faire pour se rendre visible, crée la confusion le 10 septembre 2009 sur le plateau de Mots Croisés (France 2).
Marine Le Pen, invitée de l’émission n’a rien trouvé d’autre pour illustrer son sujet « la castration chimique pour les pédophiles récidivistes» que de citer certains passages de
Mauvaise Vie, livre parut en 2005 de notre actuel ministre de la culture.
Car si les arguments de Fréderic Mitterrand pour défendre Roman Polanski sont peu convaincants, « c’est
un artiste », « au nom de la culture », et j’en passe, ceux de la fille du chef de fil du FN sont tous aussi mauvais, faisant une confusion des genres entre pédophile et pédéraste
(au sens antique je m’entends). Dans son ouvrage, Fréderic Mitterrand nous dévoile certes son penchant pour les hommes, de son excitation sur les marchés aux putes de Thaïlande, nous parlant
d’éphèbes et de jeunes garçons, mais jamais au grand jamais d’enfants au sens moderne du terme. Il s’agit là d’un livre, certes autobiographique, mais sorti bien avant sa nomination au
gouvernement en juin 2009, et où il ne fait en aucune manière l’éloge du tourisme sexuel et autres perversités dont on veut bien le targuer. Ce qui est d’autant plus choquant c’est que
journalistes et hommes politiques sont tombés dans le piège, habilement tendu par Marine Le Pen amenant Fréderic Mitterrand au centre de l’arène aux lions en demandant sa démission, confondant
ainsi l’acte impardonnable de Roman Polanski avec les penchants de Fréderic Mitterrand.
Est-il donc le premier, notre neveu de président, qui pour cause de carcan familiale ou sociétale, de
mauvaises manières, s’en va chercher ailleurs ce qu’il ne peut se permettre au sein même de la société dans laquelle il évolue ? Notre chère société bien pensante aurait-elle oublié le
Marquis de Sade et Justine, et sans remonter au si loin André Gide et Si le grain ne meurt, entre
autres?
De quoi est-elle donc choquée ? De savoir qu’un homme de la bourgeoisie s’accorde un peu de bon temps en
payant des hommes ? Ne sait-elle donc pas que l’argent comme le pouvoir attirent, comme le miel les abeilles ?
Est-il nécessaire de citer des noms ?
Preuve qu’il s’agit bien là d’un simple coup de pub du front national pour se rappeler au bon souvenir des
français avant les régionales. Bien joué !
Autre fait médiatique, la fameuse affaire Roman Polanski, qui mit le ministre de la culture en porte à faux.
Je ne reviendrai pas sur les raisons de son arrestation, vues précédemment. Mais la chose n’est pas aussi
simple qu’il y parait. Quelque soit les faits qui lui soient reprochés, relation sexuelle avec une mineure ou tout simplement viol, il se doit, car il s’agit bien là d’un devoir de se soumettre à
la justice américaine. Sur ce fait là je ne reviendrai pas estimant que ma pensée est assez claire.
Cependant une chose me taraude et comme le dirait un bon flic de série B : à qui profite le
crime ou dans ce cas précis l’arrestation?
Certainement pas à Monsieur Polanski, jouissant en Europe d’une assez bonne popularité jusqu’à ce
jour.
Aux Etats-Unis? A la Suisse? Revenons un an en arrière. La crise arrive par le biais des Etats-Unis. La
banque Lehman and Brother, quatrième banque américaine se voit dans l’obligation de déposer le bilan. Et voilà la première vague de la crise. Beaucoup de secteurs sont touchés. En Europe les
gouvernements tentent de sauver ce qui peut l’être, en renflouant certaines sociétés comme AXA pour la France, afin de préserver un peu d’équilibre. Cette aide de l’état est censée se faire en
échange de la suppression des subprimes, parachutes dorés, pour les traders et autres grands de ce monde; tandis que nous, les petites gens, tentons de joindre les deux bouts, entre chômage technique, délocalisation et j’en passe. Les américains sont les premiers touchés, entre
autre la ville de Denver dans le Colorado, véritable carrefour industriel, minier, ou encore des nouvelles techniques d’information. Tout cela se vérifie en constatant que le taux de chômage en
février atteint 8,1% soit le plus haut aux Etats-Unis depuis 1983.
C’est dans ce contexte économique mondial, que la Suisse se retrouve obligée, le 18 février 2009 d’ouvrir son
secret bancaire, en délivrant les noms de ceux qui ont déposé de l’argent chez elle.
Un an après, c’est l’arrestation en Suisse, de Roman Polanski sous mandat américain qui fait la
une. Nos deux protagonistes sont toujours là : les Etats-Unis et la Suisse.
Et voilà ce que mon imagination, je vous l’accorde débordante, en a conclue.
30 ans que Roman Polanski a pris la fuite et est venu se réfugier sur notre vieux continent.
30 ans qu’il circule librement malgré le mandat international délivré contre lui. 30 ans que personne ne
l’arrête jusqu’à ce jour.
Arrestation des plus médiatique : à la descente de l’avion alors qu’il se rendait au Festival de Zurich
recevoir sa récompense pour l’ensemble de son œuvre. Pourquoi ?
1er constat : la Suisse en ces temps de crise doit redorer son image. Pointée du doigt comme
le mauvais élève à qui l’on doit notre chaos économique, elle essaye de montrer sa bonne coopération avec le reste du monde.
2ème constat : comme l’ensemble des pays concernés, les Etats-Unis ont reçu leur liste de
noms. Mais, et cela n’engage que moi, il doit y avoir des noms qui dérangent. Qu’il vaudrait mieux garder secret son peine d’un nouveau tôlé populaire après les traders, d’une perte de confiance
du plus grand nombre envers son gouvernement.
Conclusion il faut occuper les citoyens, leur montrer que l’on agit. Quoi de mieux dès lors que ressortir les
vieux dossiers, et d’autant plus s’il s’agit d’une personnalité publique ?
On est en droit de se demander si tout le tapage médiatique fait autour de lui n’est pas juste de la poudre
aux yeux, afin de nous focaliser sur tout sauf l’essentiel.
Et voilà comment Roman Polanski apporte de l’eau au moulin de notre société politiquement correcte et bien
pensante tandis que Fréderic Mitterrand dérange en mettant son grain de sel là où il n’aurait pas du, écrivant ce que d’autres font en cachette.
Ainsi va le monde victime de sa sur-médiatisation. Aveugler par le spectacle qui nous ai donné de voir :
« Du pain et des Jeux ! » comme le disait si bien César, on en oublie parfois de faire « fonctionner nos petites cellules grises » dixit Hercule Poirot.